Le vampire au cinéma :
Après des représentations du Dracula de Bram Stoker au théâtre, le mythe fut porté à l'écran. Le premier film fut Nosferatu le Vampire par Friedrich Murnau en 1922. Ce film lui valut des poursuites judiciaires de la part de la veuve de Stoker qui estimait que le film était une adaptation du livre et que Murnau aurait dû en acheter les droits pour le porter à l'écran.
Vampyr, ou l'Étrange Aventure de David Gray (Vampyr – Der Traum des Allan Grey) est un film danois de Carl Theodor Dreyer sorti en 1932. (Synopsis : David Gray s'installe un soir dans l'auberge du village de Courtempierre. Pendant la nuit, un vieillard lui rend visite et lui confie un grimoire sur le vampirisme et les moyens d'y faire face. Dès cet instant, David doit affronter et déjouer les pièges d'une femme vampire…)
En 1931, Bela Lugosi joue pour la première fois Dracula dans un film de Tod Browning. Il endossera ce rôle quatre fois en tout. Pour l'anecdote, Bela Lugosi fut enterré avec la cape de Dracula. C'était en 1956. Le deuxième acteur le plus représentatif du rôle de Dracula fut Christopher Lee qui apparut en 1958 dans le film de Terence Fisher : le Cauchemar de Dracula. Lee joua ce rôle dans une dizaine de films.
Le cinéma présenta ensuite des œuvres plus ou moins noires ou parodiques sur le thème des vampires : Le Bal des vampires de Polanski en 1967 (parodie) avec Sharon Tate, Les Lèvres rouges en 1971 de Harry Kümel, Les Prédateurs de Tony Scott en 1983 avec Catherine Deneuve et David Bowie, les deux Vampire, vous avez dit Vampire? de Tom Holland en 1985 et de Tommy Lee Wallace en 1988… On peut noter l'excellent remake du Nosferatu de 1922, 'Nosferatu fantom der Nacht' (1978) de Werner Herzog, avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani et Bruno Gans, mis en scène avec un romantisme magnifique et un travail de lumière éblouissant.
Un peu en marge, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, le cinéaste français Jean Rollin contribua à érotiser très forcément le mythe dans des réalisations d'un esthétisme très personnel.
En 1987, sortent deux films produits aux États-Unis Aux frontières de l'aube (Near Dark) et Génération perdue (Lost Generation) qui relancent l'intêret pour les films de Vampire. Le premier annoncant le fameux 30 jours de nuits en 2007.
Mais ce n'est qu'en 1992 que le thème des vampires reviendra en force sur les écrans avec Dracula de Francis Ford Coppola. Par la suite, la production de films sur ce thème augmenta et permit autant d'œuvres remarquables que d'œuvres inintéressantes. Sur la corporalité des vampires au cinéma, on consultera l'étude de Thomas Schlesser : « surnature et sous-nature du corps dans le cinéma fantastique, les figures antithétiques du zombi et du vampire » (voir ouvrage Représentations du corps dans bibliographie). Celle-ci montre en quoi le vampire, par opposition à la figure effacée et anonyme du zombie, est « tête d'affiche et affirmation physique », un « support privilégié à la composition de l'acteur » ainsi qu'« au spectacle du fantastique » et le symbole du surgissement violent et dramatique de la mort.
Certains animes japonais exploitent aussi le thème des vampires, le mariant à la culture traditionnelle nippone (le vampire oriental est plus proche du démon que du mort-vivant).
Le vampire dans la littérature :
Le thème du vampire a inspiré les poètes et écrivains depuis 1748, Heinrich Augustin von Ossenfelder écrit Der Vampyr.
En 1797, soit un siècle avant Bram Stoker, Goethe, dans la Fiancée de Corinthe, aborde sous forme de métaphore l'état non mort d'une jeune femme se nourrissant de sang. Le premier texte anglais sur ce thème fut the Vampyre de John Stagg en 1810. Mais le premier personnage qui attira l'attention fut Lord Ruthven, créé par John William Polidori en 1819 dans une longue nouvelle intitulée le Vampire. Avec sa publication, le thème du vampirisme devient alors incontournable et de nombreux auteurs britanniques, allemands, français s'y essaient : Théophile Gautier, Hoffman, Tolstoï, etc.
Le virage suivant est pris par Sheridan Le Fanu avec Carmilla en 1872. Il présente le vampire comme une victime de son propre état et s'oppose du même coup au bien-pensant de la Grande-Bretagne en abordant le lesbianisme du personnage, sachant que l'homosexualité était fortement condamnée.
En 1897, Bram Stoker crée Dracula qui sacre le vampire personnage de fiction à part entière. Anne Rice contribuera à redonner une seconde jeunesse au mythe des buveurs de sang, avec ses Chroniques des Vampires, où ces créatures ne sont plus des monstres sanguinaires, mais des héros doués d' une sensibilité.
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